Alain Trudel
Conductor & trombonist
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Alain Trudel reveals himself to be a first class Opera conductor
November 10, 2009, 12:00 am
Claude Gingras
La Presse
C'est, pendant près de trois heures, Die Zauberflöte entièrement chanté et parlé dans l'original allemand, ou plutôt La Flûte enchantée jouée avec tant de simplicité et de vérité, et instantanément traduite en surtitres, que l'on se surprend, tout à coup, à suivre sans difficulté l'inextricable scénario.
Ici, rien de ces prétentieuses et inutiles «relectures» de metteurs en scène venus du théâtre et ne connaissant rien à l'art lyrique. Mise en scène par le Canadien Kelly Robinson dans des décors et costumes du San Francisco Opera, cette présentation de l'Opéra de Montréal, la quatrième en 30 ans, restitue le singspiel de Mozart et Schikaneder tel que le donne la partition: une noble cérémonie d'initiation maçonnique dans un cadre d'opérette souvent comique. L'auditoire substantiel de la première, samedi soir, a beaucoup ri; il a également paru impressionné par le rituel sacré.
La scénographie est simple, colorée et stylisée, tour à tour pittoresque (le dragon qui crache de la fumée!) et imposante (les temples en perspective), avec nombreux changements de décor à vue d'oeil et éclairages souvent saisissants. Les costumes sont beaux, particulièrement ceux des prêtres, et la scène des animaux charmés par la flûte de Tamino est l'un des clous du spectacle. On aimerait simplement que les entrées de la Reine de la nuit soient plus spectaculaires: qu'elle apparaisse sur un sommet, par exemple.
Le jeune baryton Aaron St. Clair Nicholson est le héros de la soirée. Avec une voix toujours ferme, il incarne un Papageno idéal: naïf, touchant, se souciant peu de rituel et multipliant les pitreries avec un extraordinaire sens du timing. Son numéro de glockenspiel, au deuxième acte, est un petit chef-d'oeuvre; sa menace de «pendaison» aussi.
Karina Gauvin est touchante et vraie en Pamina, la fille de la Reine de la nuit dont l'enlèvement est au centre du récit; la voix est toujours belle et elle chante à ravir le très attendu «Ach, ich fühl's». En Reine de la nuit, Aline Kutan se veut plus terrifiante qu'elle ne l'est, mais ses prouesses vocales au suraigu compensent. Drôlement costumé en Monostatos, qui garde Pamina et la convoite, Aaron Ferguson pousse la voix perçante qui décrit bien sa frustration. Lara Ciekiewicz est tour à tour comique et séduisante dans les deux «incarnations» de Papagena. John Tessier fait un Tamino très digne; la voix est juste mais un peu défraîchie. Seul étranger de la distribution, l'Allemand Reinhard Hagen compose un Sarastro digne, à la voix grave en accord.
Les Trois Dames offrent une rare harmonie de timbres et de gestes. De même, les Trois Garçons dans leur nacelle survolant la scène. En fait, tous les rôles sont bien défendus. Alain Trudel se révèle un chef lyrique de premier ordre et l'Orchestre Métropolitain sonne bien.
La Presse cyberpresse
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