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News

artist_pict Alain Trudel
Conductor & trombonist

Artist page
Grande première pour Alain Trudel
November 18, 2009, 12:00 am

Grande première pour Alain Trudel
Caroline Rodgers, collaboration spéciale
La Presse

Alain Trudel a beau avoir dirigé des orchestres
jusqu'à Vancouver et Tokyo, jamais il n'avait
collaboré à une production de l'Opéra de
Montréal. Ce sera chose faite ce soir, alors qu'il
dirigera l'Orchestre Métropolitain et le Choeur de
l'Opéra de Montréal dans La Flûte
enchantée de Mozart.

Celui qui est aussi directeur musical de l'Orchestre Symphonique
de Laval se dit très excité de faire ses
débuts à l'Opéra de Montréal. Il a
toujours adoré travailler avec des chanteurs, ce qu'il a
fait souvent dans le passé.

Il a notamment dirigé l'opéra Hansel et Gretel
à Toronto, ainsi que deux oeuvres à l'Atelier
Lyrique de l'Opéra de Montréal. Avec l'Orchestre
Métropolitain, il a accompagné les finalistes en
chant lors du Concours Musical International de Montréal,
en mai dernier.

«Avec les instruments, on essaie d'imiter la voix
humaine, dit-il. C'est une sorte de quête du Saint-Graal.
Quand on a la chance de travailler avec de vraies voix, on
s'approche encore plus de ce but ultime qui est de faire chanter
l'orchestre et les instruments.»

Et l'opéra, mélange parfait entre le théâtre
et la musique, est aussi «une excellente façon de
passer une soirée», déclare en riant le
jeune maestro, qui se décrit comme un être humain
et un chef d'orchestre accessible et décontracté.

Les défis de Mozart et de l'opéra

Diriger l'orchestre dans un opéra est très
différent de diriger un concert symphonique, explique
Alain Trudel. «Pour l'orchestre, il faut que ce soit
vraiment clair. Contrairement à un concert symphonique,
il n'y a pas de marge de manoeuvre. Quant aux chanteurs, ils ont
un million de choses à penser, de leurs
déplacements sur scène à se mettre dans la
peau de leur personnage.»

En tant que chef, son rôle est de transmettre à
l'orchestre ce qui se passe sur la scène, et d'assurer
que tout se tienne, non seulement sur le plan du tempo, mais
aussi du point de vue du style. «On a de fantastiques
chanteurs sur cette production, mais il faut quelqu'un pour
assurer l'unité. C'est pour ça que je suis
là.»

Dans le cas de Mozart, la tâche n'est pas aussi facile
qu'elle en a l'air. «On dit toujours que Mozart est
simple, mais en fait, c'est le compositeur le plus
compliqué et le plus difficile à rendre, dit le
chef. Sous ses dehors moqueurs et insouciants, La Flûte
enchantée transporte un message fort et prenant, que l'on
peut lire à plusieurs niveaux.»

Et l'essentiel de ce message, selon lui, c'est que l'amour et
l'amitié triomphent. Il fait là une
référence au voyage initiatique et aux
épreuves que les personnages traversent ensemble tout au
long de l'opéra.

La musique accessible à tous

Alain Trudel aime être près du public. Selon lui,
la musique classique doit être accessible à tous.
Et l'opéra aussi?

«Pourquoi pas, c'est une histoire! dit-il. C'est comme
aller voir un film, sauf que c'est en direct, avec des
surtitres. Surtout dans le cas de La Flûte
enchantée, un conte où tout est possible!»

Cette philosophie est au coeur de ses nombreuses
activités musicales. Avant les concerts de l'Orchestre
Symphonique de Laval, il prend plaisir à venir parler au
public pour expliquer les oeuvres et répondre aux
questions.

«De cette façon, les gens ont l'impression de
faire partie du concert. Ils se sentent dans le coup. En tant
que musiciens, c'est notre travail d'aller vers les gens. Il ne
faut pas rester dans notre tour d'ivoire! Ce n'est pas une
question de vouloir être populaires, et il ne faut en
aucun cas diminuer la qualité musicale de ce que l'on
fait. La question est plutôt de partager ce que l'on
aime avec le plus de gens possible.»